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Chronique #3 - À la recherche de Yorivar

Les aventures de la Guilde des Terres Oubliées se poursuivent à VIlmarais, où de nombreux mystères ne demandent qu'à être élucidés...

Ces cinq spécimens formaient, à n'en point douter, une troupe d'une exquise incongruité, comment me priver de les étudier ? Voici donc un en détail le résumé de ma première session d'observation.

Vers onze heures zéro-quatre minutes, un premier détachement de deux individus se dirigea vers les vestiges d'un petit bosquet au coeur du village de Vilmarais, apparemment à la recherche d'un druide (dénommé Yorivar) qui y aurait vécu avant de disparaitre il y a trois cent vingt-sept jours. Les deux spécimens, un nain et une épaisse brute à l'envergure non-standard pour son espèce, se mirent alors à creuser sous les vestiges de la supposée demeure du disparu. Si l'intuition les poussant à cet acte m'est à ce jour inexplicable, leur stratégie sembla s'avérer payante, considérant qu'ils sont parvenus à mettre au jour une cage d'escalier s'enfonçant sous terre, dans laquelle le nain s'engouffra pendant que la brute se posta en vigile, fonction vraisemblablement adaptée à ses dispositions corporelles.

Dans le même temps, à l'heure précise de onze heures douze minutes, les trois individus restants se sont présentés à la porte de la demeure du couple Hammock. Ces anciens fermiers, dont la fille dénommée Ava s'était évaporée la même nuit que le druide, semblent vivre reclus dans leur maison depuis ce jour. Non dissuadé par les épaisses barricades posées sur toutes les issues du bâtiment, l'un des visiteurs s'avanca à la porte, tentant en vain d'établir une conversation avec les deux auto-otages, visiblement trop atteints de haine et de méfiance pour n'accorder plus que des insultes et des beuglements à leurs visiteurs.

Vers onze heures quarante-six, la brute-vigile fit la rencontre d'un certain capitaine Frey (le responsable de la garde locale) et deux de ses larrons. Si l'échange devint vite tendu devant l'apparente mauvaise foi et l'incompétence des dépositaires de l'autorité publique, il fut habilement désamorcé par le nain de retour du souterrain, miraculeusement avant que son compagnon n'en vienne aux armes. Vers onze heures cinquante-trois, les cinq spécimens furent ainsi réunis, à temps pour partir à le découverte du secret déterré par le nain: un étrange mur fongique au bout d'un tunnel souterrain de plusieurs centaines de mètres ! Le groupe, incomfortablement faufilé à cinq dans l'étroit et boueux tunnel, tenta tout ce qu'il pouvait pour élucide ce mystère mycologique: le toucher (ce qui ne manquait pas de provoquer un frétillement dans les champignons alors qu'il relâchaient un nuage de spores), les frapper, creuser dans le mur à coups de pelle (provoquant la quasi-asphyxie de plusieurs enquêteurs) et même y mettre le feu. Face à la persistance du champignon à repousser et réagir au contact, les importuns conclurent qu'il était probablement d'origine magique (note de recherche: ces specimens semble doués d'une perspicacité supérieure à la moyenne), et décidèrent d'enquêter davantage plus tard.

Ils se mirent donc en route, et arrivèrent à douze heures quarante-huit devant la porte du temple local, désireux d'obtenir des réponses de la part du Père Rand, le prêtre local aussi sombre qu'étrange. Malgré la présence d'un panonceau mentionnant la fermeture du temple, le groupe réussit habilement (i.e. en insistant pour qu'on leur parle et en attrapant leur interlocuteur par le col pour le trainer hors du bâtiment), à obtenir une promesse de rendez-vous avec le Père de la part de d'un dévôt qui insistait sur le fait que Rand n'était pas disponible pour le moment, en déplacement. Si une partie du groupe semblait se satisfaire de cette issue, le spécimen le plus imposant décida de tenter de passer sa tête dans l'ouverture de la porte, déterminé à observer de ses propres yeux les causes de la fermeture du lieu de culte. Grave erreur ! A cet instant, une acolyte cachée le long du mur dégaina une dague et la plaça sous la gorge de l'intrus, décochant: "Pas un pas de plus, il est temps de reculer !".

Je dû malheureusement suspendre mes observations sur ce moment de tension délicieux. Bien qu'il aient été conçu par l'exceptionnel artisan que je suis, il semble que mes instruments aient surchauffé devant tant d'excitation scientifique ! Il me tarde de poursuivre cet étude ô combien passionnante !

Auteur inconnu