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Chronique #1 - La route vers Vilmarais

Les aventures de la Guilde des Terres Oubliées commencent sur la route vers Vilmarais, village isolé au milieu d'étranges terres marécageuses

La brume commençait à dessiner au loin le paysage que la rumeur nous avait décrit: celui d'une terre moite, boueuse et lugubre, où le soleil à son zénith ne semblait pouvoir faire régner qu'un demi-jour à peine distinguable du crépuscule. Depuis notre départ de la Caverne-Mère, moi et mes frères avons beaucoup spéculé sur la nature de cette région mystérieuse. Comment Bolrund est-il devenu un seigneur dans cette région ? A quoi ressemblaient ses sujets ? A quoi ressemble cette "Forge d'Obsidienne" dont il aurait fait son fief ? Au-delà des rumeurs de ses récentes mésaventures, nous devions venir à sa rencontrer pour obtenir des réponses à ces questions. Mais la route restait encore longue jusqu'à notre arrivée à la Forge...

La route, justement. Notre long voyage à travers l'Empire a bien sûr été ponctué par de nombreuses rencontres incongrues, mais je dois avouer que peu d'entre elles ont rivalisé en originalité avec la cohorte avec qui nous avons parcouru les dernières lieues avant Vilmarais. "La Guilde des Terres Oubliées" qu'ils s'appellent. La rumeur fait croire que leur dernière mission a produit des résultats catastrophiques — et je le crois sans problème — mais force est de constater que leur compagnie fut fort agréable. Pendant que nous discutions avec les honorables Lisbeth Shanto sur les usages de son peuple (Shan - et ce fut un plaisir - To) et Bevan Loomer, leurs autres camarades (Aliana de l'Orge Bleu, Ico Plisskin et l'étrangement nommé "Monsieur Pipi") semblaient pris dans une interaction passionnée avec un jeune Batracien en route vers son village. La simple évocation par ce dernier (dont, je crois, ils n'ont même pas pris la peine de noter le nom) de l'usage "récréatif" fait par son peuple des roseaux de la région a provoqué de leur part (enfin, surtout Ico) une série de comportements aboutissant à l'envoi du batracien en "mission" pour ramener quelques précieuses tiges à ses co-passagers.

Comportements qu'ils ont par ailleurs promptement regretté. En effet, après avoir fait escale auprès d'un cirque bordant la route au sein duquel une fortune a été prononcée par l'étrange Esmeralda ("L’esprit voilé par la terreur doit chasser le ver moqueur du cœur", quoi que ça veuille dire), l'horreur nous a frappé. Juste devant nous, au milieu de la route et dans la brume épaissie du début de soirée, est apparue une scène digne d'un charnier: un cheval inanimé, évisceré au milieu de la route, des traces de pas et de sang s'en éloignant en direction du Nord-Est. Qui (ou qu'est-ce qui ?) était à l'origine de ce massacre ? Qu'est-il arrivé au jeune batracien égaré dans les environs ? Nous n'avons pas pu obtenir ces réponses, mes compagnons de route et le cocher préférant déguerpir avant que la nuit tombe. Sage décision.

Nous voici désormais aux abords de Vilmarais. Les rumeurs de maladie semblent dire vrai: l'atmosphère est lugubre et les faubourgs ont des allures de ruines. Je souhaite bien du courage à la Guilde, quelle que soit leur mission dans cette triste bourgade. Nous concernant, la route se poursuit. Il me tarde de découvrir à quoi ressemble la Forge.

Gomund "Poing-de-fer", cousin de Bolrund le tueur de dragons